L’Algérie commémore aujourd’hui le centenaire de la naissance d’un des pères fondateurs de la littérature Algérienne d’expression Française, Mohamed Dib œuvré pour affirmer la personnalité et la revendication de liberté de son pays et de son peuple et de faire en sorte que l’Algérie existe dans la littérature des Algériens.
Mohamed Dib est un homme, qui a donné ses lettres de noblesses à la littérature algérienne, c’est celui qui a écrit l’Algérie et pour l’Algérie, il est l’un des pionniers du roman algérien de la langue française.
Il ressemble plus à un gentleman britannique, et portant : « Nous serons toujours parmi les immigrés et les gitans qui campent à la périphérie de la ville et sont soupçonnés d’avoir volé leurs poulets aux habitants », note l’auteur en 1993, qui fut le premier Maghreb à le faire.
Auteur prolifique il a fait son entrée dans le champ littéraire en publiant coup sur coup « La grande maison » en 1952, « L’incendie » en 1954, et « Le métier à tisser » en 1957, une trilogie qui suffira à brosser le tableau de la vie de l’Algérien marginalisé et noyé par la misère et les affres du colonialisme en disant « nous avons été quelques-uns à sentir ce besoin de nommer l’Algérie, de la montrer ».
Né le 21 juillet 1920 à Tlemcen, dans l’ouest algérien, Mohamed Dib, qui avait exercé en tant qu’instituteur un temps, puis comptable, traducteur, journaliste à « Alger Républicaine » et pour le compte de l’organe du Parti communiste « Liberté », il est finalement expulsé d’Algérie en 1959. Il s’installe en France et commence sa carrière littéraire. Il est le premier écrivain maghrébin à recevoir, en 1994, le Grand Prix de la Francophonie, et celui dont Aragon disait : « cet homme d’un pays qui n’a rien à voir avec les arbres de ma fenêtre, les fleuves de mes quais, les pierres de nos cathédrales, parle avec les mots de Villon et de Péguy ».
L’auteur gagne encore en notoriété auprès du grand public algérien avec l’adaptation par la télévision de « La grande maison » et de « L’incendie » en feuilleton intitulé « El Hariq », réalisé en 1972 par Mustapha Badie.
A cette période Mohamed Dib avait enseigné aux Etats-Unis et se rendait régulièrement en Finlande pour des travaux de traduction d’écrivain finlandais ce qui donnera également naissance à une « Trilogie nordique » publiée à partir de 1989 comprenant « Les terrasses d’Orsol », « Neiges de marbre » et « Le sommeil d’Eve ».
Son œuvre continue de s’enrichir avec des textes pour le théâtre comme « Mille hourras pour une gueuse » présentée au Festival du théâtre d’Avignon en France, ou le récit poétique « L’aube d’Ismaël » (1996) adapté récemment sur les planches.
Disparue en 2003 à l’âge de 82 ans, Mohamed Dib aura laissé une œuvre considérée comme « la plus importante de la production algérienne en langue française » de l’avis de l’universitaire Naget Khadda.
Depuis 2001 l’association culturel « La grande maison » œuvre avec le consentement de l’auteur de son vivant, à promouvoir l’œuvre dibienne, à l’organisation d’ateliers d’écriture, de théâtre de cinéma et de dessin, à rendre accessible un fonds documentaire important et à assurer la relève avec la création du Prix littéraire Mohamed Dib.
SONIA.HA


