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Malala Yousafzaï, pour le droit à l’éducation de tous les enfants

« Je n’avais que deux options, la première était de me taire et attendre d’être tuée, la deuxième était de parler haut et fort et me faire tuer. J’ai choisi la seconde option ».

Malala est née à Mingora en juillet 1997, la plus grande ville de la vallée de Swat, au Pakistan. Une région montagneuse, de cascades et de lacs aux eaux transparentes, qu’elle décrit comme « le plus beaux endroit du monde ». Dès sa naissance, son père l’a placée sous le signe du combat : il lui a donné le nom d’une héroïne pakistanaise, Malala de Maïwan, grâce à qui une bataille contre les Britanniques a été gagnée, même si elle est morte sur le front. Un nom de guerrière.
« Quand je suis née, nous étions très pauvres », raconte Malala dans son autobiographie « Moi, Malala ». Sa famille pachtoune vient d’un village reculé et pauvre dans la montagne, où les femmes vivent séparées des hommes et où la naissance d’une fille est une mauvaise nouvelle. Mais son père, épris de justice, rêvait d’autre chose. Il a fait des études, contre la volonté de son propre père. Son rêve était de fonder une école. Il venait de se lancer dans ce projet quand Malala est née.
En 2007, quand Malala a dix ans, l’influence des talibans grandit dans la vallée de swat. Le mollah Maulana Fazlullah utilise la radio pour diffuser des prêches, entre autres contre l’éducation des filles. A partir de 2008, les talibans bombardent directement les écoles de filles. En Septembre, Malala pour la première fois, prend la parole en public, au côté de son père, convaincue qu’il est de son devoir de raconter ce qui se passe. Elle ne s’arrêtera plus, y compris en 2012 lorsqu’un attentat suicide des talibans tue 25 personnes.


Le 9 octobre 2012, un jeune homme fait arrêter le minibus dans lequel Malala et ses camarades rentrent de l’école, après une journée d’examen, Un autre, le visage caché, lui tire dessus à bout portant, Elle s’effondre en sang sur sa meilleure amie. Une balle a perforé le côté gauche de son crâne et allée se loger dans l’épaule. L’adolescente est évacuée en hélicoptère vers Islamabad, où elle est prise en charge par deux neurochirurgiens, dont le colonel Junaid, spécialiste des blessures de guerre. C’est lui qui décide d’ouvrir son crâne pour donner de l’espace à son cerveau. L’opération la sauvera, mais pour lui donner toutes les chances de survivre, sur les conseils de deux médecins britanniques de Birmingham, en mission ce jour-là au Pakistan, elle est évacuée vers le Royaume-Uni. Le Dr Fiona Reynolds l’accompagnera jusqu’à sa sortie d’hôpital.
Depuis, Malala a tenu un discours devant l’ONU en 2013 et continue sa scolarisation tranquillement au Royaume-Uni où elle vit depuis lors avec toute sa famille. Désormais connue et soutenue par le monde entier, la jeune fille est récompensée par plusieurs prix pour son combat ardu. Elle est notamment lauréate du prix de l’ambassade de la conscience délivré par Amnesty International en septembre 2013, le prix Sakharov du Parlement européen en novembre 2013 et le prestigieux prix Nobel de la paix en octobre 2014. Si Malala incarne dans les pays occidentaux une véritable icône saluée pour la force et le courage dont elle fait preuve, elle est cependant peu appréciée de certains Pakistanais. En effet, ceux-ci la pensent instrumentalisée par les Occidentaux, car elle ne remet pas en question les politiques étrangères et qu’elle vit désormais dans le confort loin des réalités du peuple pakistanais.

SONIA.HA