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«ENSEMBLE POUR PREVENIR LE SUICIDE », Journée mondiale de prévention du suicide

La santé mentale est un droit humain fondamental et constitue une composante essentielle de la santé. Elle est définie comme un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté.

Les troubles mentaux représentent 7.4% de la charge globale de morbidité et constituent la principale cause d’incapacité dans le monde. Les personnes qui en sont atteints sont exposées à un risque accru de mortalité prématurée. Les personnes vivant avec des troubles mentaux font souvent l’objet d’exclusion et de stigmatisation de la part de leur entourage, elles sont plus exposées au risque de suicide que la population générale. En raison des interruptions de longue durée qu’ils entrainent dans la vie professionnelle, d’une moindre participation à l’emploi et aux activités économiques en général, les troubles mentaux sont à l’origine de coûts économiques importants. La bonne santé mentale est la condition essentielle pour tout progrès humain et social. Dans ce sens, la promotion de la santé mentale et le bien-être ainsi que le renforcement de la prévention et du traitement de l’abus de substances psychoactives figurent parmi les cibles à atteindre dans le cadre des Objectifs de Développement Durable retenus par les Nations Unis dans l’Agenda 2030 pour le développement durable.
Le 10 septembre marque la journée mondiale de prévention du suicide, lancée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Association internationale pour la prévention du suicide (IASP). Cette journée vise à sensibiliser nos communautés à l’ampleur du problème et aux façons de le prévenir.
La santé mentale est l’un des domaines les plus négligés de la santé publique. Près d’un milliard de personnes souffrent d’un trouble mentale et une personne se suicide toutes les 40 seconde. De surcroît, des milliards de personnes dans le monde sont actuellement touchées par la pandémie de COVID-19, qui elle aussi a des répercussions sur la santé mentale.
Agir pour la santé mentale : investissons !
Voilà pourquoi cette année, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, l’OMS, en partenariat avec l’organisation United For Global Mental Health et la Fédération mondiale pour la santé mentale, appelle à investir massivement dans la santé mentale. Pour encourager l’action publique à travers le monde, une compagne intitulée Agir pour la santé mentale : investissons ! A démarré en septembre.
« La journée mondiale de la santé mentale est l’occasion de s’unir au niveau mondiale pour accorder à la santé mentale l’attention qu’elle n’a pas reçue par le passé », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé. « Les effets de la pandémie de COVID-19 sur le bien-être mental des gens se font déjà sentir, et ce n’est que le début. Si nous ne nous engageons pas dès à présent à investir davantage dans la santé mentale, les conséquences sanitaires sociales et économiques seront considérables. » Ajout-il.
Une occasion de s’engager :
La compagne de la Journée mondiale de la santé mentale permettra à chacun d’entre nous, principalement en ligne puisque la pandémie se poursuit, de faire un geste positif : en tant qu’individus, prendre des mesures concrètes pour notre propre santé mentale et aider nos amis et nos proches qui en difficultés ; en tant qu’employeurs, commencer à mettre en place des programmes pour le bien-être des employés ; en tant que gouvernements, s’engager à créer des services de santé mentale ou à les développer ; et en tant que journalistes, expliquer ce que l’on peut et que l’on doit faire de plus pour mettre les services de santé mentale à, la dispositions de tous.
La santé mentale en Algérie, un enjeu majeur de santé publique
En Algérie, les problèmes de santé mentale représentent un sérieux défi pour le système de santé, et les troubles mentaux constituent la principale cause d’incapacité. Le pays a connu durant les années 90, en plus d’une crise socioéconomique sévère, une période de violence liée au terrorisme ayant entrainé la perte de milliers de victimes, viols, mutations et autres violences extrêmes. Ces évènements traumatiques viennent en écho à la période de la Guerre de Libération où la population avait fait face aux massacres et autres atrocités dont les séquelles psychologiques sont encore visibles à nos jours. De plus, régulièrement, le pays connait la survenue de catastrophes naturelles de grande ampleur causant des dizaines de victimes et des dégâts matériels important : séismes, inondations, etc.
L’abus de drogue est un nouveau défi pour la santé mentale en Algérie où plusieurs études ainsi que les données régulièrement recueilles au Ministère de la Santé depuis 6 ans signalent le développement grandissant du phénomène de la consommation de drogues, particulièrement chez les jeunes. Par ailleurs le pays a connu au cours de ces dernières décennies des mutations de la structure familiale immanquablement liées à l’accroissement démographique, l’urbanisation rapide et la crise de logement, constituant ainsi des facteurs de risques majeurs pour la santé mentale de la population. A cela s’ajoutent d’autres facteurs tels que la pollution et le brusque changement de modes de vie qui ont un impact sur la qualité de vie.
« La première Journée mondiale de la santé mentale a été organisée il y a près de 30 ans par la Fédération mondiale pour la santé mentale », a rappelé la Dre Ingrid Daniels, Présidente de la Fédération. « Depuis, on parle de plus en plus ouvertement de la santé mentale dans beaucoup de pays du monde. Mais il faut maintenant mettre ces paroles en actes. Nous devons faire des efforts concertés pour mettre sur pied des systèmes de santé mentale adaptés au monde d’aujourd’hui et de demain », a-t-elle ajoutée.


SONIA.HA