Le corps d’une jeune fille algérienne, a été retrouvé brulée après avoir été agressée et violée, le vendredi 2 octobre 2020, dans une station-service abandonnée de Thenia, une ville située à une soixantaine de kilomètres à l’Est de la capitale.
Selon les premiers éléments de l’enquête il s’agit de F.Chaïma âgé de 19 ans originaire de la commune de Reghaïa. Disparue il y a quelques jours, Chaïma avait rendez-vous avec son bourreau, qui la harcelait depuis quelques temps. Son assassin est un repris de justice qui l’a menaçait depuis 2016. Une plainte avait même été déjà déposée contre lui. Elle avait accepté de le rencontrer afin de régler ce problème, mais le bourreau lui a choisi un autre destin. L’homme l’a forcée à le suivre, il l’a conduit dans une ancienne station-service à Thénia où il l’a violée avant de l’égorger et lui couper les veines des jambes avec un couteau et la brûlée vive. Après plusieurs jours de disparition, son corps a été retrouvé. Elle n’a été reconnue que grâce à son passeport qui n’a pas été touché par le feu.
La mère de la victime a rappelé que l’auteur du crime est un individu connu des autorités judiciaires, contre qui la victime avait déposé une plainte pour viol en 2016. Le mis en cause a été arrêté et a avoué son implication dans le meurtre et le viole de la jeune fille.
La terrible nouvelle a relancé de plus belle le débat sur la peine de mort. Nombreux sont ceux qui ont réclamé la peine de mort à ce genre de criminels. Mais d’autres, opposés à la peine de mort, ont recommandé une peine très sévère allant jusqu’à la réclusion perpétuelle. La violence mortelle subie par Chaïma a soulevé une vague d’indignation profonde. Toutefois certains commentaires d’internautes allant dans le sens de justifier le crime par un laisser faire prêter à la victime ont aussi choqué, notamment celui d’un avocat sensé défendre le droit à la vie.
En ce qui concerne la peine de mort, que certains demandent à être appliquée, en particulier sur les violeurs et les assassins des enfants, Lazhari Bouzid, estime que la Constitution a introduit un nouvel article, qui est le droit à la vie, conformément à la loi, « l’Algérie a ratifié un accord international qui interdit de prendre la vie de manière arbitraire, de sorte que la personne qui commet le crime de meurtre doit être jugée juste ».
Il a également confirmé que la peine de mort est présente dans la loi algérienne et qu’il y a 18 crimes punissables par le code pénal, en disant : « L’Algérie a arrêté la peine de mort en 1993 et ne l’a pas empêchée, comme en témoigne le fait qu’il y a un grand nombre de personnes dans les prisons condamnées à mort, mais la peine ne leur a pas été appliquée, car l’Algérie a ratifié et voté aux Nations Unies, dans la recommandation de l’assemblée générale des Nations Unies de ne pas appliquer la peine de mort. »
Abdelkader Bengrina, président du mouvement El Bina et candidat à la présidentielle de 2019, à condamné dans un post publié sur sa page Facebook le meurtre de la jeune Chaïma. « Avec beaucoup de tristesse et de colère, nous avons appris la nouvelle du crime odieux qui a enlevé la vie à la jeune Chaïma de Reghaïa. Malgré son jeune âge, elle a été violée et tuée », a-t-il notamment écrit.
Et d’ajouter, « le meurtre de Chaïma nous rappelle les crimes récurrents commis contre les enfants dans notre pays. Ces derniers revienent sur le devant de la scène ». Dans ce contexte, Abdelkader Bengrina a appelé les autorités à appliquer les peines les plus sévères contre les auteurs de ces crimes.
De son côté, le Collectif « Femme Algérienne pour un Changement pour l’Egalité », appelle toutes les citoyennes et citoyens Algérien à un rassemblement pour dénoncer les meurtres odieux de Chaïma et de toutes les autres femmes assassinées et dire Stop aux Feminicides et à toutes les violences contre les femmes.
